Les Broyés

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Les Broyés 2017-08-14T17:46:31+00:00

Les Broyés :

Représentation par la matière de la danse classique. Les Broyés sont composées dans un premier temps du produit du recyclage des voitures et des camions. Cette matière, le broyé, qui a donné son nom à la série, porte en elle toute l’ambivalence de la danse classique. Force, apparente légèreté, fragilité, et produit du travail, celui d’immenses machines (des broyeurs) qui façonnent les toiles en fragments telles des boules de papier, des journaux froissés.  Perçue comme une discipline très exigeante et par bien des aspects violente avec les corps, la danse est aussi le rêve, la légèreté et la poésie.

Évoquer la danse classique par le tutu, vêtement hautement emblématique, léger et vaporeux avec une des matières les plus rigides et les plus denses qui soit. La composition des fragments de tôles broyées est une recherche de formes à la fois évocatrices du tutu, du mouvement (ou de son absence),  et une volonté de donner vie, de porter l’imagination. Le jeu de matière crée aussi des lourdeurs, des pesanteurs, des brutalités et des raideurs. L’idée, si non plus, n’est pas de faire une représentation trait pour trait d’une danseuse dans une attitude ou une autre, reconnaissable, identifiable et gracieuse, mais de donner tout à la fois l’idée de la danse qui fait rêver, et une perception de la tragédie que porte intrinsèquement cette discipline…de fer!

Vient ensuite une recherche apparentée, évocation de la danse par l’intermédiaire de son costume le plus identifiable, en repassant par la terre. Une terre ici aussi façonnée en feuilles, pliées, assemblées permet de retrouver une liberté de forme et de texture. Par sa nature souple et malléable, la terre autorise des créations de formats bien plus petits tout en conservant une forte dimension poétique. Les oeuvres originales en terre cuite sont ensuite proposées en bronze.

Les cadres évoquent autant l’ouverture de la scène que le cadre de la photo ou de la toile. C’est une manière de recentrer l’attention sur l’objet qu’ils enserrent, délimité l’espace comme on capture une partie d’un paysage.

Le cadre boite va encore plus loin. C’est toujours un cadre, qui sert aussi de socle, mais c’est aussi une boite. l’ensemble devenant plus proche encore de l’objet, dénonce à la fois l’enfermement, l’enferrement, et l’étiquetage. Il s’agit donc autant de sa propre posture que du jugement d’autrui.